Tetrataenium candicans
| Ordre | Apiales |
|---|---|
| Famille | Apiaceae |
Tetrataenium candicans, anciennement Heracleum candicans Wall. ex DC., est une espèce de plantes herbacées vivaces de grande taille du sud de Himalaya, de la Chine (Tibet, Sichuan, Yunnan, Qinghai) à l'est au Pakistan (Swat, Hazara, Murree) à l'ouest en passant par l'Inde (Cachemire), le Népal, le Bhoutan et la Birmanie (Mandalay, Shan)[1]. On la rencontre entre 1 800 et 4 500 m d'altitude[2].
Dénomination
[modifier | modifier le code]La plante n'a pas de nom français, le Compte-rendu floristique et phytosociologique du voyage de la Société botanique de France au Ladakh (2016) emploie Semenovia (Heracleum) candicans (photographie p. 24, à 3 800 m)[3].
En chinois 白亮独活 (bái liàng dú huó) Angélique pubescente blanche ou 白独活 (Bái Dú Huó) Angélique pubescente. En anglais, White Leaf Hogweed.
Description
[modifier | modifier le code]La plante mesure de 1 à 1,5 m de haut (eFloradeIndia mentionne 2 m), elle est recouverte d'un duvet de poils doux et blancs. La racine est cylindrique brun-jaune et épaisse. La tige est dressée, creuse, côtelée et très ramifiée dans sa partie supérieure. Les feuilles basales et des feuilles inférieures ont un log pétiole de 10 à 15 cm de long. Le limbe mesure de 15 à 30 cm de long et est penné une ou deux fois. Les feuilles terminales irrégulièrement dentelées mesurent de 4 à 7 cm de long et de 2 à 4,5 cm de large. Les pédoncules larges ombelles (24 à 40 cm) font 15 à 30 cm de long. La floraison a lieu en mai-juin et la fructification de septembre à octobre[4].
Taxonomie
[modifier | modifier le code]De Candolle (1830) dans sa section Sect. III. SPRONDYLION Hoffen, umb. décrit 11. H. Candicans (Wall! mss.) en Inde septentrionale à Dehradun et à Kumaon[5], le spécialiste de la flore indienne Nathaniel Wallich (1786–1854) l'a mentionnée en 1832 dans Journal of the Asiatic Society of Bengal, d'où son nom traditionnel Heracleum candicans Wall. ex DC.[6]. En 1959, Panovna Mandenova (1907-1995) qui révise la tribu des Pastinaceae est amené à différencier le genre Tetrataenium (DC.) Manden. du genre Heracleum qui en devient une section. Le 2e Symposium International sur les Ombellifères (1977) y inclus sur base morphologique T. rigens, T. olgae, T. nepalense, T. sprengelianum, H. ceylanicum, H .bivittatum, T. candicans (Wallich ex de Candolle) Mandenova. ex H. candicans et H. canescene[7]. Les travaux Downie et al. et Logacheva et al. (2010) prouvent que Tetrataenium n'est pas monophyletique, le clade Candicans doit être réattribué. Ce que font en 2019 Qun-Ying Xiao et al.[8] et Lu Kang et al. sur la base d'importants séquençages. Selon eux, Tetrataenium candicans var. candicans (Wall. ex DC.) Manden. est une plante de la sous-tribu des Tordyliinae, une lignée d'Apiacées appartenant à la tribu desTordylieae qui compte 15 genres[9].
Phylogénie
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Le génome chloroplastique de T. candicans a une structure circulaire de 147 335 pb, avec 129 gènes, dont 85 gènes codant des protéines, 36 gènes d'ARNt et 8 gènes d'ARNr. Une analyse phylogénétique de 31 plastomes montre la proximité de T. candicans avec Semenovia gyirongensis et de Cnidium officinale, elle a un ancêtre commun avec Heracleum moellendorffii[2].

Lu Kang et al. (2019) montrent une proximité avec T. yunnanense, Semenovia transiliensis et Semenovia gyirongensis qui constituent à eux 4 les Tordyliinae, immédiatement proche de la coriandre Coriandrum sativum.
Variétés
[modifier | modifier le code]- H. candicans var. candicans,
- H. candicans var. obtusifolium (Wall. ex DC.) F.T.Pu & M.F.Watson[1] synonyme de H. obtusifolium (Wall. ex DC.) FTPu & MFWatson[10]
Huile essentielle
[modifier | modifier le code]Les graines fraîches et mûres contiennent respectivement 0,65 et 0,82 % d'huile essentielle. Les principaux composants sont : l'acétate de bornyle, l'acétate d'amyle, le pentanoate d'hexyle, le caproate d'hexyle, l'isovalérate de n-butyle, l'isobutyrate de n-hexyle, l'acétate d'octyle.
L'huile essentielle de racine de la souche cultivée est majoritairement d’α- et de β-pinène, puis de myrcène, le germacrène D, etc.[11]. Celle de la feuille contient 28,9 % de y-amorphène, 21,1 % de caryophyllène, 9,7 % de β-bisabolène, 9,6 % d'α-humulène[12]. Une autre analyse d'huile essentielle de feuille collectée dan l'Uttarakhand a donné 18,6 % de germacrène D, 11,8 % de 1, 8-cineole , 5,2 % d'oxyde de caryophyllène[13]. Ces huiles sont connues pour la variabilité de leur composition.
Utilisation
[modifier | modifier le code]La plante est sur collectée comme source de Xanthotoxine ce qui menace sa survie à l'état sauvage[14]. Une étude de 6 populations, de 2 vallées du district de Kullu, dans l’Himachal Pradesh a montré une densité satisfaisante dans la zone d'étude pour éviter le statut de plante menacée[15]. Une population sauvage a été domestiquée à en Inde en vue de sa mise en culture[11]. Un guide de culture a été publié en 2010[16].
Pharmacologie
[modifier | modifier le code]La racine contient du bergaptène, de l'héraclénine, de l'héraclénol, de l'isopimpinelline, de la xanthotoxine, de la subérosine, de l'impératorine, du 8-géranyloxypsoralène, de l'angélicine, de l'acide stéarique et du β-sitostérol. Son goût est amer. En médecine chinoise elle est utilisée en décoction, en poudre ou trempée dans du vin. Elle est prescrite en usage interne pour traiter l'asthme et la polyarthrite rhumatoïde[9] ainsi que contre le rhume, la toux, les douleurs rhumatismales, la lèpre et les rhumatismes[4]. Les racines d’H. candicans et d’H.yunngningense sont antipyrétiques et diaphorétique dans certaines régions de Chine[17].
En médecine traditionnelle indienne elle est employée comme aphrodisiaque, tonique, relaxante et pour le traitement des affections cutanées[17].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (en) « Heracleum candicans Wall. ex DC. » [archive du ], sur www.worldfloraonline.org (consulté le )
- (en) Qun-Ying Xiao, Tu Feng, Yan Yu et Qiang Luo, « Complete plastome sequence of Tetrataenium Candicans (tribe Tordylieae, Apiaceae): a medicinal plant », Mitochondrial DNA Part B, vol. 4, no 2, , p. 3429–3431 (ISSN 2380-2359, PMID 33366025, PMCID 7707242, DOI 10.1080/23802359.2019.1674718, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Elisabeth Dodinet, Anne-Marie Mollet et Bruno de Foucault, « Compte-rendu floristique et phytosociologique du voyage de la Société botanique de France au Ladakh (Inde du Nord), juillet-août 2016 », Le Journal de Botanique, vol. 92, no 1, , p. 3–94 (DOI 10.3406/jobot.2020.2302, lire en ligne, consulté le )
- « 白独活 - 中药材 - 中医世家 », sur www.zysj.com.cn (consulté le )
- ↑ Augustin Pyramus de Candolle, Augustin Pyramus de Candolle et Alphonse de Candolle, Prodromus systematis naturalis regni vegetabilis, sive, Enumeratio contracta ordinum generum specierumque plantarum huc usque cognitarium, juxta methodi naturalis, normas digesta, vol. v.4 (1830), Sumptibus Sociorum Treuttel et Würtz, (lire en ligne)
- ↑ India) Missouri Botanical Garden, Journal of the Asiatic Society of Bengal., Calcutta : Asiatic Society,, (lire en ligne)
- ↑ J. Missouri Botanical Garden, A.-M. Cauwet-Marc et Symposium international sur les ombellifères, Les Ombellifères :contributions pluridisciplinaires à la systématique : actes du 2e Symposium International sur les Ombellifères, Centre Universitaire de Perpignan, 18-21 mai 1977 /edité par A.-M. Cauwet-Marc et J. Carbonnier ; avec le concours du Centre National de la Recherche Scientifique., [St.Louis] : Missouri Botanical Garden,, (lire en ligne)
- ↑ (en) Qun-Ying Xiao, Tu Feng, Yan Yu et Qiang Luo, « Complete plastome sequence of Tetrataenium Candicans (tribe Tordylieae, Apiaceae): a medicinal plant », Mitochondrial DNA Part B, vol. 4, no 2, , p. 3429–3431 (ISSN 2380-2359, PMID 33366025, PMCID 7707242, DOI 10.1080/23802359.2019.1674718, lire en ligne, consulté le )
- (en) Lu Kang, Dengfeng Xie, Qunying Xiao et Chang Peng, « Sequencing and analyses on chloroplast genomes of Tetrataenium candicans and two allies give new insights on structural variants, DNA barcoding and phylogeny in Apiaceae subfamily Apioideae », PeerJ, vol. 7, , e8063 (ISSN 2167-8359, DOI 10.7717/peerj.8063, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en-GB) « Tetrataenium – eFlora of India » [archive du ], sur efloraofindia.com (consulté le )
- (en) Rajendra S. Chauhan, M.C. Nautiyal, Sanskrita Rawat et A. Tava, « Essential Oil Composition of Roots of Heracleum candicans Wall. Cultivated in Nursery », Journal of Essential Oil Bearing Plants, vol. 21, no 4, , p. 1056–1061 (ISSN 0972-060X et 0976-5026, DOI 10.1080/0972060X.2018.1511384, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (MRS ) G. BISHT, (MISS) S. VERMA et (MISS) P. JOSHI, « GC MS Study of Essential Oil of Heracleum candicans Wall. », Journal of Indian Chemical Society, vol. Vol. 74, no Oct 1997, , p. 820 (DOI 10.5281/zenodo.5900032, lire en ligne, consulté le )
- ↑ https://www.essencejournal.com/pdf/2016/vol4issue2/PartA/3-2-16-400.pdf
- ↑ Jawad Hussain, Shujaul Mulk Khan, Muhammad Shakeel Khan et Zafeer Saqib, « Distribution modelling and future prediction of a threatened species - Heracleum candicans Wall. ex DC.; Within the framework of biotic and abiotic interactions », Journal of Environmental Management, vol. 387, , p. 125818 (ISSN 0301-4797, DOI 10.1016/j.jenvman.2025.125818, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Jitendra S. Butola, Rajiv K. Vashistha, A. R. Malik, S. S. Samant, « Assessment of inter-population variability in Heracleum candicans wall with emphasis on seed characteristics and germination behavior », Journal of Medicinal Plants Research, vol. 4, no 15, , p. 1523-1534 (lire en ligne)
- ↑ https://www.researchgate.net/profile/Jitendra-Butola/publication/289949225_Propagation_and_cultivation_techniques_for_Heracleum_candicans_Wall_A_Himalayan_medicinal_resource_in_peril/links/576e1f6108ae0b3a3b755883/Propagation-and-cultivation-techniques-for-Heracleum-candicans-Wall-A-Himalayan-medicinal-resource-in-peril.pdf?origin=publication_detail&_tp=eyJjb250ZXh0Ijp7ImZpcnN0UGFnZSI6Il9kaXJlY3QiLCJwYWdlIjoicHVibGljYXRpb25Eb3dubG9hZCIsInByZXZpb3VzUGFnZSI6Il9kaXJlY3QifX0
- https://www.jchemrev.com/article_82996_901f68ea244d346e7d0443e81202ef95.pdf