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Tetrataenium

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Tetrataenium (DC.) Manden est un genre de berce, plantes à fleurs aromatiques de la famille des Apiacées.

Les espèces du genre sont endémiques régions boisées humides aux bas-fonds argileux de l'Asie sub himalayenne, de l'Iran, la Chine (Yunnan, Guangxi, Tibet), l'Inde (Assam), l'Asie centrale[1].

Le genre Tetrataenium est largement accepté par les taxonomistes même si certains auteurs incluent toujours ses espèces dans le genre Heracleum[2].

Description du genre

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Les plantes sont robustes, généralement vivaces aux feuilles ternées à pennées, les fruits plats sont fortement ailés avec des côtes dorsales et latérales (d'où son nom: tétra = 4, taenium du grec ταινία (tainía) = ruban) ce sont en effet les fruits et l'indumentum tomenteux qui caractérisent Tetrataenium des autres clades de la tribu des Tordylieae[3].

Chez De Candolle (1830), primo descripteur, Tetrataenium est la section I du genre HeracleumCommissura quadrivittata (d'où son nom). Flores non radiantes ochroleuci») avec 3 espèces: H. nepalense, H. obtusifolium, H. rigens.[4]. En 1959, Panovna Mandenova (1907-1995) révise la tribu des Pastinaceae, change le rang taxonomique en nouveau genre Tetrataenium (DC.) Manden.[5] avec 5 espèces : T. rigens (Wall.) Manden. (considérée comme type), T. nepalense (Don.) Manden., T. sprengelianum (Whight & Arn.) Manden., T. hookerianum (Wight & Arn.) Manden. et T. olgae (Rg. et & Schm.) Manden. En 1959 Mandenova montre que le genre Tetrataenium est le plus archaïque des Pastinaca.

Au 2e Symposium International sur les Ombellifères (1977) Mandenova et al. suite à l'établissemnt de Flora Iranica et l'étude des Heracleum indiens rattachent au genre: H. barmanicum, H abivittatum, H. cachemiricum, H. candicans, H. canescens, H. ceylanicum, H. jacquemontii, H. su-blineare et H. wallichii. Ils donnent «une définition anatomique du genre Tetrataenium : Fruits ailés, sclérocarpe continu, 4 bandelettes valléculaires, 2 ou davantage bandelettes commissurales, absence de poils à maturité, testa sinueuse»[6].

Phylogénie

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Tetrataenium manilalianum feuilles supérieures, inflorescence, involucres/involucelles, fleurs, stylopode, carpophore et coupe du schizocarpe - photographies C. Rekha (2025)[7].

Divers chercheurs prouvent (2010-2017) que Tetrataenium n'est pas monophylétique[8]. Maria D. Logacheva et al.[9] ont dressé un arbre phylogénétique inférés par analyse bayésienne des séquences de la tribu des Tordylieae (2010). Ils distinguent 4 clades principaux dont Heracleum (Clade 1)+ Pastinaca, Tetrataenium I (Clade 2), Tetrataenium II (Clade 3) et Semenovia (Clade 4)[10]. En 2019, Eugene Kljuykov et al. écrivent «sous réserve d'analyses complémentaires et d'une confirmation phylogénétique, le genre Tetrataenium est provisoirement accepté sur la base de critères morphologiques»[2].

Dans le genre Tetrataenium (DC.) Manden. Catalogue of Life inventorie les espèces suivantes[11], on peut y ajouter les dernières descriptions:

Certaines espèces sont cultivées. Les fruits de ces espèces sont très riches[15] en impératorine et en phelloptérine[16] d'où leur emploi en médecine traditionnelle chinoise.[17]

Bibliographie

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  • Marie-Thérèse Cerceau-Larrival et Marie-Claire Carbonnier-Jarreau. Caractéristiques tectales de certaines ombellifères indiennes et himalayennes relation avec le climat et la biogéographie. Paris MNHN, Mémoires du Muséum national d'histoire naturelle. t.27 no.1 (1960)[18].

Notes et références

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  1. (en) « Tetrataenium (DC.) Manden. | Plants of the World Online | Kew Science », sur Plants of the World Online (consulté le )
  2. a et b (en) Eugene Kljuykov, Elena Terentieva, Tahir Samigullin et Uliana Ukrainskaja, « Tetrataenium kumaonense (Apiaceae), a new species from northern India, and the taxonomic assessment of Tetrataenium himalayense », Botany Letters, vol. 166, no 4,‎ , p. 417–424 (ISSN 2381-8107 et 2381-8115, DOI 10.1080/23818107.2019.1619194, lire en ligne, consulté le )
  3. (en) « Tetrataenium (DC.) Manden. (genus) – species list & taxonomy | PlantaeDB », sur plantaedb.com (consulté le )
  4. (en) Augustin Pyramus de Candolle et Alphonse de Candolle, Prodromus systematis naturalis regni vegetabilis, sive, Enumeratio contracta ordinum generum specierumque plantarum huc usque cognitarium, juxta methodi naturalis, normas digesta /auctore Aug. Pyramo de Candolle., vol. v.4 (1830), Sumptibus Sociorum Treuttel et Würtz,, (DOI 10.5962/bhl.title.286, lire en ligne)
  5. (en) Qun-Ying Xiao, Tu Feng, Yan Yu et Qiang Luo, « Complete plastome sequence of Tetrataenium Candicans (tribe Tordylieae, Apiaceae): a medicinal plant », Mitochondrial DNA Part B, vol. 4, no 2,‎ , p. 3429–3431 (ISSN 2380-2359, PMID 33366025, PMCID 7707242, DOI 10.1080/23802359.2019.1674718, lire en ligne, consulté le )
  6. http://proborshevik.ru/wp-content/uploads/2024/07/Mandenova_IP_1978.pdf
  7. a et b Rekha Chappan, Kumar Vinod Chhotupuri Gosavi, Kambiyelummal Madhavan Manudev et Jagdish Dalavi, « Tetrataenium shrirangii a new species from the Western Ghats, India », Nordic Journal of Botany, vol. 2025, no 2,‎ , p. 1–8 (DOI 10.1111/njb.04546, lire en ligne, consulté le )
  8. (en) Qun-Ying Xiao, Tu Feng, Yan Yu et Qiang Luo, « Complete plastome sequence of Tetrataenium Candicans (tribe Tordylieae, Apiaceae): a medicinal plant », Mitochondrial DNA Part B, vol. 4, no 2,‎ , p. 3429–3431 (ISSN 2380-2359, PMID 33366025, PMCID 7707242, DOI 10.1080/23802359.2019.1674718, lire en ligne, consulté le )
  9. Maria D. Logacheva, Carmen M. Valiejo-Roman, Galina V. Degtjareva et Jenny M. Stratton, « A comparison of nrDNA ITS and ETS loci for phylogenetic inference in the Umbelliferae: An example from tribe Tordylieae », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 57, no 1,‎ , p. 471–476 (ISSN 1055-7903, DOI 10.1016/j.ympev.2010.06.001, lire en ligne, consulté le )
  10. (en) « La Bibliothèque Wikipédia », sur wikipedialibrary.wmflabs.org (DOI 10.1016/j.ympev.2010.06.001, consulté le )
  11. (en) « Tetrataenium (DC.) Manden. », sur www.gbif.org (consulté le )
  12. (en) Eugene Kljuykov, Elena Terentieva, Tahir Samigullin et Uliana Ukrainskaja, « Tetrataenium kumaonense (Apiaceae), a new species from northern India, and the taxonomic assessment of Tetrataenium himalayense », Botany Letters, vol. 166, no 4,‎ , p. 417–424 (ISSN 2381-8107 et 2381-8115, DOI 10.1080/23818107.2019.1619194, lire en ligne, consulté le )
  13. (en) Rekha Chappan, Amrutha Sundaran, Sujana Kanjiraparambil Arjunan et Kambiyelummal Madhavan Manudev, « Tetrataenium manilalianum , a new species of Apiaceae from the Western Ghats, Kerala, India », Nordic Journal of Botany, vol. 2026, no 1,‎ (ISSN 0107-055X et 1756-1051, DOI 10.1002/njb.04966, lire en ligne, consulté le )
  14. Subbaiah Karuppusamy, Pochamoni Bharath Simha Yadav et Vellingiri Ravichandran, « Tetrataenium munnarense (Apiaceae: Apioideae), a New Species from Southern Western Ghats, India », The Journal of Japanese Botany, vol. 100, no 4,‎ , p. 318–324 (DOI 10.51033/jjapbot.ID0249, lire en ligne, consulté le )
  15. Paris Auteur Muséum national d'Histoire naturelle, Bulletin du Museum national d'histoire naturelle Sciences physico-chimiques, Paris: Muséum National d'Histoire Naturelle, (lire en ligne)
  16. « Phellopterin », sur www.glpbio.com (consulté le )
  17. https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01044517v1/file/2013GRE17073_song_xiao_fan_1_D_.pdf
  18. Paris Auteur Muséum national d'Histoire naturelle, Mémoires du Muséum national d'histoire naturelle. Série B, Botanique, Paris: Ed. du Museum, (lire en ligne)

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Références taxinomiques

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