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Rococo

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Décor de style rococo, salle du trône de la résidence des princes-abbés de Kempten, Allemagne.
Commode de style rocaille de Denis Genty, Paris, vers 1760.

Le rococo, ou « style rocaille » en France, est un mouvement artistique européen du XVIIIe siècle touchant l’architecture, les arts décoratifs, la peinture et la sculpture qui émerge en France au moment de la Régence (1715-1723). Contemporain du mouvement baroque, il conquiert toute l'Europe.

L’origine du terme « rococo »

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Selon Delécluze, le terme « rococo » fut inventé, vers 1797, en dérision par Pierre-Maurice Quay[1], élève de Jacques-Louis David, maître à penser du mouvement des Barbus et chantre d’un néo-classicisme poussé à l’extrême. Il résulterait d’une association du mot français rocaille, qui désigne une ornementation imitant les rochers et les pierres naturelles et la forme incurvée de certains coquillages, et du mot portugais barroco : « baroque »[2]. Le terme rococo conserve longtemps un caractère péjoratif avant d’être accepté par les historiens de l'art vers le milieu du XIXe siècle et d'être considéré comme un mouvement artistique européen à part entière[3], quoique l'on préfère parler de style rocaille pour ce qui concerne la France.

Historique du mouvement rococo

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Le style rocaille en France

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Le mot « rococo » ne doit pas être utilisé dans le contexte de l'évolution des styles français en matière d'arts décoratifs. On le rattache cependant au style « rocaille », bien que les deux styles ne recouvrent pas tout à fait la même notion. Le rococo est vu comme une évolution du rocaille hors de France, qui s'autorise plus de liberté, d'exubérance et de fantaisie. Le rococo est plus influencé par l'art pleinement baroque précédemment en vigueur dans les pays qui l'ont adopté.

Le style rocaille apparaît en France sous la Régence (1715-1723) et culmine sous le règne de Louis XV, vers 1745, où il supplante le style Louis XIV, jugé alors trop solennel et formel, voire lourd[4]. Le rocaille est un sous-style du style Louis XV, issu du style Régence et suivi par le rocaille symétrisé (à partir de 1745). Sa durée de vie est courte. Le rocaille symétrisé classicisant (vers 1755) en est une ultime évolution aux côtés du Goût grec qui est la première manifestation du néoclassicisme qui s'oppose au style rocaille puis le remplace. Le rococo, pour sa part sera encore très présent en Italie, ou dans la sphère germanique dans les années 1780[5].

Ce style rocaille est inventé par des ornemanistes et architectes décorateurs tels que Gilles-Marie Oppenord, Juste-Aurèle Meissonnier et Nicolas Pineau. Son succès peut s'expliquer par le contexte politique. Sous la Régence, la cour quitte Versailles pour Paris et se libère de la discipline et de l'étiquette contraignante imposée par Louis XIV. Elle aspire à une vie plus légère, à plus de liberté, et le style rocaille, qui semble en parfaite adéquation avec cette frivolité, connaît une diffusion immédiate dans la peinture, la sculpture et le mobilier. Ensuite, l'arrivée au pouvoir de Louis XV ne fait qu'entériner le mouvement, le style correspond en effet très bien à la personnalité du roi, très différente de celle de son prédécesseur. Le rocaille s'inspire du baroque par son goût pour les formes et les dessins complexes. Mais il s'en différencie par des ornements aux formes moins architecturales, plus organiques, plus fines et légères, sur des surfaces lisses ainsi mises en valeur, et en incluant des éléments asymétriques.

En France le style rocaille reste le plus souvent assez modéré. Il est moins porté vers l'apparat, dont les besoins sont désormais remplis par les importantes créations du style Louis XIV qui le précédait, et donc plus porté vers les nouveaux besoins d'intimité, de fonctionnalité, de confort et vers la délicatesse ornementale et la sensibilité, tout en demeurant sous un certain contrôle de principes esthétiques classiques tels que l'équilibre et la mesure en tant que fondements de l'élégance, malgré les nombreuses libertés qu'il prend. À Versailles ainsi que dans divers châteaux et hôtels particuliers déjà construits, le style rocaille vient souvent, en quelque sorte, compléter les lacunes que le style Louis XIV avait laissé. Quant aux nouvelles constructions aux intérieurs entièrement décorés en style rocaille, ceux-ci sont désormais plus dédiés à la vie très raffinée de leurs commanditaires qu'à leur seule représentation publique.

Expansion du rococo en Europe

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Le style rococo s'est propagé dans toute Europe durant une grande partie du XVIIIe siècle.

Le vocabulaire ornemental du style rocaille est adopté et développé par les catholiques des pays germaniques et d'Europe centrale. Il en résulte un mélange avec la tradition baroque allemande : le Rokokozeit (ou Spätbarock, baroque tardif) suit le Barockzeit. Le rococo allemand, bien plus mouvementé et libéré que le style rocaille français, se manifeste avec enthousiasme dans les églises et les palais. En plus d'embellir la vie privée de l'aristocratie, le rococo joue aussi le rôle de grand style d'apparat pour la représentation publique. Les dirigeants des nombreux petits états allemands, souvent absolutistes, rivalisaient de magnificence et d'originalité dans leurs nombreux et vastes palais, en ce XVIIIe siècle qui fut un âge d'or culturel pour les pays germaniques et l'Europe centrale, qui connaissaient une nouvelle prospérité après un XVIIe siècle très sombre. Même des petits villages ruraux démontraient leur renouveau en faisant décorer leur église à grand frais et à la dernière mode. L'école de Wessobrunn, qui a formé de nombreux stucateurs de très haut niveau, a joué un rôle important pour la diffusion de ce style dans le sud de l'Allemagne et dans les pays alentours. Mais le nord de l'Allemagne n'est pas en reste, avec le rococo frédéricien qui affiche la volonté de Frédéric II de Prusse de construire le royaume prussien. L'Autriche s'y adonne également.

En Italie, le style des derniers artistes baroques, barocco, tels que Borromini et Guarini, donne la tonalité pour le rococo à Turin, Venise, Naples et en Sicile, tandis que les arts en Toscane et à Rome sont plus rattachés au style baroque.

La salle de bal du Palais de Catherine à Tsarskoïe Selo. Le style rococo se répand dans toute l'Europe, jusqu'en Russie où il prend une grande importance.

L'Angleterre bien que sensible aux grands courants européens, cultive une certaine indépendance et s'invente, au XVIIIe siècle, des décors qui lui sont propres. Thomas Chippendale publie en 1754 les planches d'un répertoire de modèles décoratifs The Gentleman's and Cabinet Maker's Director, qui fait référence en prolongeant les effets du rococo, additionné d'éléments exotiques. On y trouve les thèmes de l'Extrême-Orient, mêlés à ceux du gothique. Les sinuosités végétales épousent les motifs de coquilles brisées, les bulbes hindous le disputent aux frontons en forme de pagodes. William Hogarth participa lui aussi au développement d'une base théorique pour atteindre les standards de beauté rococo. Bien qu'il n’ait pas l'intention d'appartenir au mouvement, il développa dans Analysis of beauty (1753) que les lignes ondulées et les courbes en S, existantes de manière prééminente dans le rococo, étaient la base de la beauté dans l'art et la nature. En 1758, soit quatre ans après la parution de l'ouvrage de Chippendale, le jeune architecte Robert Adam rentre d'Italie. Inspiré par les ruines impériales, il sera l'apôtre en Grande-Bretagne du néoclassicisme. Ces deux courants divergents vont s'opposer, du moins en apparence, puisqu'en fait ils cohabitent jusqu'en 1850.

Fin du style

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Le commencement de la fin de la période rococo peut être daté à partir du début des années 1760. Des personnalités comme Voltaire ou Jean-François Blondel critiquèrent ce style en le qualifiant de dégénéré et de superficiel. Jean-François Blondel déclare, à ce sujet, qu'il trouve « ridicule le pêle-mêle des coquillages, dragons, roseaux, palmiers et autres plantes » dans les intérieurs de cette époque. En 1785, le rococo est passé de mode en France. Il est remplacé par le sérieux et ordonné style néo-classique, personnifié par des artistes tels que Jacques-Louis David. En Allemagne, à la fin du XVIIIe siècle, le rococo est qualifié comme Zopf und Perücke (queue de rat et perruque) laissant au passage l'intitulé de cette période comme Zopfstil. Le rococo resta cependant populaire en Allemagne et en Italie jusqu'à la deuxième phase du néoclassicisme : le style Empire et l'arrivée du gouvernement napoléonien. Le style rococo connut un regain d'intérêt entre 1820 et 1870.

Nuance du baroque ou style autonome ?

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Pour Heinrich Wölfflin[6], c’est une nuance du baroque, mais pour Hans Sedlmayr et H. R. Hitchcock puis Philippe Minguet[7], le rococo est une catégorie de style autonome. Le rococo serait autant distinct du baroque qui le précède, que du néoclassicisme qui le suit.

Meubles et objets décoratifs rococo

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Dessin pour une table par Juste-Aurèle Meissonnier, Paris, v. 1730.

Ce style se caractérise par :

  • La fantaisie des lignes courbes et asymétriques rappelant les volutes des coquillages ou bien les feuillages,
  • L'utilisation de teintes claires (blanc, ivoire, or),
  • Des motifs mêlant fleurs, feuilles, fruits, rubans, etc.
  • L'insertion de peintures et de miroirs.
Canapé.

Les thèmes légers et sur la joie de vivre, les conceptions complexes et détaillées du rococo sont en totale opposition à l'architecture et la sculpture imposante et massive du baroque. Le style rococo répond avant tout à un important besoin de renouveau : après le goût du faste et de la solennité qui a marqué le long règne de Louis XIV, il répond à une aspiration à la légèreté, au confort et à la frivolité.

En France, le rococo s’exprime de manière éclatante dans la décoration intérieure à travers la ferronnerie, les figures de porcelaine, les petits objets décoratifs sans utilité et les meubles. La décoration d'intérieur rococo est le symbole de bon goût et de la mode pour toute la noblesse et la bourgeoisie de l'époque.

Le style rocaille est caractérisé par son asymétrie, ce qui est novateur et en rupture avec le style européen de l'époque. Cette façon de créer un effet avec des éléments non équilibrés est appelé « contraste ».

Le style rocaille, dans la conception de ses meubles, se caractérise par sa flamboyance aussi bien au niveau de la conception qu'au niveau visuel. Les meubles ne doivent plus seulement symboliser un statut social, mais ils doivent être confortables et polyvalents. Les meubles, pour être facilement déplacés, voient leurs formes évoluer vers une spécialisation pour chaque usage. On voit apparaître des fauteuils « voyeuse » et des « bergère » de forme gondolée. Les fauteuils évoluent vers plus de confort, avec un allongement des accoudoirs et du dossier appelé « Dossier Droit » dit « à la reine » et un coussin d'assise amovible.

Peinture rococo

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Jean-Honoré Fragonard, La Lettre d'amour.

Les peintures sont caractérisées par de nombreuses couleurs pastel et des formes incurvées. Les peintres décorent leurs tableaux d'anges chérubins et de tous les symboles de l'amour. Le portrait est aussi un style très en vogue. Certaines peintures représentent des scènes coquines et lestes pour l'époque. Ceci est en rupture avec le style baroque et ses travaux dans les églises. Le but de ce mouvement est de faire oublier la réalité, qui est le déclin d'une gloire passée, grâce à des représentations de scènes légères, de gaietés, de joie de vivre… Les peintures évoquent souvent des scènes pastorales et des promenades de couples aristocratiques.

Jean-Antoine Watteau (1684–1721) est considéré comme le premier grand peintre rococo. Il a eu une influence sur ses contemporains : François Boucher (1703–1770) et Jean-Honoré Fragonard (1732–1806), deux maîtres de la fin de la tendance rococo en France.

Avec la montée en popularité du théâtre populaire de rue à Paris, influencé par la commedia dell'arte, la bourgeoisie parisienne du cercle de Pierre Crozat collectionne les fêtes galantes que les peintres ont souhaité représenter. Ce qui contribue à l'émergence de la peinture rocaille, qui se décline en différentes catégories, suivant les choix des artistes. Certains s'appuient sur la mythologie, combinée à la nature, d'autres représentent davantage la réalité des passions amoureuses[8].

Dans le domaine de la peinture décorative, le peintre vénitien Giovanni Battista Tiepolo représente ce courant en Italie, en Allemagne (la Résidence de Wurtzbourg) et en Espagne.

Les principaux représentants

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Saint-Empire

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Caractéristiques stylistiques

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Abbaye de Zwiefalten.
  • Art du plaisir
  • Art ostentatoire
  • Inspiré de l'empirisme (John Locke)
  • Instantanéité (tout est esquissé)
  • Condensé de sensations fugitives
  • Symbole de la jouissance et du luxe
  • Profusion d'ornementations
  • Inspiration exotique (Chine, Turquie ottomane)
  • Éclatement de toutes formes de structures
  • Art érotique

Œuvres principales

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Les Hasards heureux de l'escarpolette, 1767,
par Jean-Honoré Fragonard,
Wallace Collection, Londres.

Architecture rococo

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Il y a très peu d'architecture qu'on pourrait qualifier de rocaille ou rococo en France : si la décoration intérieure fait la part belle au « style rocaille », l'enveloppe des bâtiments reste d'essence classique. Le classicisme tend même à s'affirmer en architecture durant le règne de Louis XV, par des lignes toujours plus claires et dépouillées mais très élégantes, du moins pour les châteaux et les monuments importants. Il n'y avait donc pas d'opposition directe entre les principes esthétiques du classicisme et du rocaille dans l'esprit des artistes et des architectes de cette époque, mais au contraire une minutieuse complémentarité formant une harmonie d'ensemble réfléchie de manière ordonnée. Ainsi Ange-Jacques Gabriel, l'un des architectes majeurs du style classique, a aussi participé avec Jacques Verberckt à la création des décors intérieurs de style rocaille des appartements du château de Versailles et d'autres demeures royales. Une décoration sculptée de style rocaille apparait toutefois, mais toujours avec parcimonie, sur une partie des demeures urbaines (maisons et certains hôtels particuliers), notamment sur les consoles et les sommets d'arcs. C'est plus souvent sur les éléments extérieurs qui ne font pas partie de la maçonnerie que la décoration rocaille peut s'exprimer, comme les balcons en fer forgé à dorures, les barrières et les enseignes, où les ferronniers pouvaient faire preuve de leur talent. On leur confiait parfois de grands ensembles. Les portes cochères en bois sculpté des hôtels particuliers font souvent apparaitre des motifs de style rocaille, et c'est parfois le seul indice extérieur du style intérieur de ces édifices.

Tout à fait représentative de l'architecture de cette période en France, la place Stanislas de Nancy, construite de 1751 à 1755 par l'architecte Emmanuel Héré, présente des décors à ornementations rococo sur des immeubles de style classique. Les grilles, balcons et lampadaires ont été réalisés par le ferronnier Jean Lamour[9] et les fontaines par Barthélemy Guibal. Il existe aussi d'autres grilles du style rococo à Nancy : les portes des chapelles dans la cathédrale de Nancy.

L'architecture pleinement rococo se développe dans les pays germaniques, sur les bases de l'architecture baroque déjà bien diffusée dans ces contrées. Ainsi, ce style expressif atteint son apogée non pas en France, mais en Bavière, comme pour le pavillon d'Amalienburg (1734–1739) du château de Nymphenburg, et surtout pour les églises. En Prusse, le « rococo frédéricien » s'incarne de manière éclatante dans le palais de Sanssouci à Potsdam, réalisé pour le compte de Frédéric le Grand. Cependant, même en Allemagne, une partie des monuments de l'époque rococo sont très classicisants pour ce qui est de l'enveloppe extérieure, surtout en comparaison du style maniériste nordique et du baroque qui précédaient le rococo, mais dans ce cas les éléments qui les entourent et leurs décors intérieurs les rattachent au style rococo sans ambiguïté (on peut citer comme exemple le Nouveau palais de Postdam). On trouve aussi, en Europe centrale, des maisons avec des façades aux décors rococo, parfois très chargées.

L'architecture rococo se répand dans toute l'Europe, jusqu'en Russie où elle donne le style dit baroque élisabethain. On la trouve aussi en Italie, en Espagne et au Portugal où il s'agit souvent d'évolutions de l'ancien style baroque.

On en trouve encore des manifestations au XIXe siècle, comme sous le règne de Louis II de Bavière, au château de Linderhof entre autres. En France le style néo-rocaille connait un dernier grand succès durant la Belle époque, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle sous la IIIe République, notamment sur de nombreux immeubles post-haussmanniens construits à Paris avec des éléments de style rocaille plus affirmés en architecture que sous Louis XV.

Musique rococo ou style galant

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S'il existe un style rococo en peinture en sculpture et en architecture, on parle aussi d'un style galant, ou rococo pour qualifier une époque de la musique située entre la musique baroque et la musique de la période classique. Ce style se caractérise par des formes instrumentales (suites de danses, symphonies, sonates et concertos) dont la structure se veut légère, des thèmes faciles à retenir dont le contrepoint n'est que peu travaillé, une abondance d'ornements et une instrumentation variée.

Parmi les musiciens qui l'illustrent, on cite Jean-Philippe Rameau, François Couperin, Jean-Jacques Rousseau, Georg Philipp Telemann, Johann Adolf Hasse, Christoph Graupner, Johann Schobert, Wilhelm Friedemann Bach, Carl Philipp Emanuel Bach, Johann Christoph Friedrich Bach, Johann Christian Bach, Carl Friedrich Abel, Frédéric II de Prusse, Johann Joachim Quantz, Johann Gottlieb Graun, Carl Heinrich Graun, Franz Benda, Georg Anton Benda, François-Xavier Richter, Ignaz Holzbauer, Johann Stamitz, Georg Christoph Wagenseil, Georg Matthias Monn, Leopold Mozart, Thomas Augustine Arne, William Boyce, John Stanley, Egidio Duni, Niccolò Jommelli, Tommaso Traetta, Giovanni Battista Sammartini, Giovanni Battista Martini ou Baldassare Galuppi.

Le terme « rococo » a longtemps conservé un sens péjoratif en musique : « se dit en général de toute musique vieille, et hors de mode », écrit Escudier en 1872 dans son Dictionnaire de musique théorique et historique[10].

Tchaïkovski a composé des Variations sur un thème rococo.

Littérature

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En littérature, Roger Laufer a avancé, en 1963, dans Style rococo, style des « Lumières », la thèse que la littérature a également connu une période à laquelle le qualificatif de rococo peut être appliqué. François Moureau, dans Le Goût italien dans la France rocaille, parle à ce propos de « rocaille » pour désigner la période intermédiaire entre le classicisme et les Lumières.

De même, Jean Starobinski, dans son essai Sur le style philosophique de Candide dans Le Remède dans le mal, avance l'idée que l'asymétrie des paires formées par les différents personnages du conte, leur régularité irrégulière, donne une tonalité rococo à Candide.

Ébénisterie

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Le mobilier de la période Rococo est caractérisé par la combinaison du fonctionnel avec une apparence fantaisiste et frivole. Les détenteurs de ces meubles appartiennent généralement à une classe sociale plutôt aisée, notamment à cause des matériaux et des techniques employées. Ce sont des ébénistes qui ont la charge de les fabriquer. Les ébénistes français sont très prisés en Europe à cette époque, notamment grâce à l’invention de nouveaux meubles. La commode, la chiffonnière, la table de toilette, le secrétaire, la table de jeu, le meuble d’encoignure… Toutes ces inventions vont avoir pour objectif d’améliorer le quotidien, de le rendre plus pratique et confortable. Autrement dit, ils répondent à un besoin précis.

Par rapport au baroque, le mobilier rocaille est marqué par une asymétrie et une délicatesse. L’or est délaissé pour laisser place à des éléments plus sobres tel que le bronze doré. Les meubles sont décorés par des marqueteries, c’est-à-dire un assemblage de pièces de bois de différentes essences, et parfois avec d’autres matériaux (nacre, écaille de tortue, étain…). Au XVIIIe, les marqueteries utilisent différentes essences de bois : exotiques, locaux, mais aussi des teints dans des couleurs vives.

Le style rocaille dans les arts mobiliers du XVIIIe siècle s’exprime dans ces marqueteries, mais aussi dans les bronzes dorés appliqués.

Orfèvrerie

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Pendant la période Rococo, les pièces d’orfèvreries sont des témoignages d’une grande virtuosité des orfèvres français de par leur extravagance et leur fantaisie. Deux sortes de pièces sont créées : les pièces utilitaires et les pièces de pure garniture. Ces dernières, n’ayant pas de contraintes mises à part technique, sont totalement libres de sortir de l’imaginaire. Leur grande singularité font d’elles des pièces uniques. Parmi elles, les surtouts de tables. Les pièces d’orfèvrerie plus utilitaires doivent quant à elles répondre à deux critères : pouvoir être manipulé, et être esthétiquement pittoresque. Autrement dit, en plus de devoir plaire visuellement, elles doivent répondre à un besoin. Parmi elles, des salières, des tabatières, des bonbonnières… En France, les grands orfèvres sont nombreux ce qui octroie une grande renommée de l’orfèvrerie française. Parmi eux on retrouve[11]:

La céramique

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La porcelaine est principalement mise à l’honneur durant la période Rococo. Elle est fabriquée dans divers manufactures, dont celle de Sèvres en France, anciennement Vincennes, et en Angleterre, avec la porcelaine de Chelsea. La conception et l’élaboration de ces porcelaines se fait en étroite relation avec des peintres et sculpteurs, tels que Boucher, mais se sont surtout les formes particulières qui témoignent de la présence du style rocaille.

En France, les céramiques sont produits dans la manufacture royale de Vincennes (ancien nom de la manufacture de Sèvres avant 1756) pendant le XVIIIe siècle. C'est avec l'arrivée de Jean-Claude Duplessis en 1748 que la manufacture développe un style de type rocaille. Parmi les plus grands succès de la manufacture, on retrouve :

  • Les fleurs en porcelaines
  • Les pièces d'usages
  • La sculpture

Ferronnerie

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Dans le style rocaille, les courbes de ferronneries sont enjolivées et délaissent la double symétrie. Cela devient une exposition de trésor où l’on utilise également le bronze.

La Place Stanislas à Nancy en est le parfait exemple. L'architecte Jean Lamour réalise au XVIIIe siècle, ces ferronneries qui viennent enjoliver toute cette fameuse place avec des feuilles d’acanthe recouverte d'or. Ces grilles sont toujours intactes et n’ont pas été changées depuis l’époque où elles ont été installées.

Théories et signification

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L'étude la plus complète sur la signification idéologique, historique et esthétique du mouvement est due à l'esthéticien belge Philippe Minguet, membre du Groupe µ.

Notes et références

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  1. Étienne-Jean Delécluze, Louis David : son école et son temps, Paris, Didier, , 455 p. (lire en ligne).
  2. (en) Monique Wagner, From Gaul to De Gaulle : An Outline of French Civilization, New York, Peter Lang, , 326 p. (ISBN 978-0-8204-2277-0, OCLC 885189397, lire en ligne), p. 139.
  3. Roland Mortier, Rocaille, rococo, Bruxelles, Éd. de l’Univ. der Bruxelles, , 178 p., 37 ill. (ISBN 978-2-8004-1027-2, OCLC 214327951, lire en ligne), p. 123.
  4. (en) Judith Miller, Classic Style, New York, Simon and Schuster, , 176 p. (ISBN 978-1-84000-050-4, OCLC 857083539, lire en ligne), p. 16.
  5. Bill G B Pallot, L'Art du siège au XVIIIe siècle en France, Paris, et (en) Svend Eriksen, Neoclassicism in France, .
  6. Heinrich Wölfflin (trad. Guy Ballangé), Renaissance et Baroque, Paris, Monfort, , 169 p., 24 cm (OCLC 909210174, lire en ligne).
  7. Philippe Minguet : Esthétique du rococo (1966), Baroque et rococo en Belgique (1987), France baroque (1988)
  8. Thomas Crow, La Peinture et son public à Paris au XVIIIe siècle, Paris, Macula, , 336 p. (ISBN 978-2865890309).
  9. Christophe Renault, Les styles de l’architecture et du mobilier, Paris, J.-P. Gisserot, , 128 p., 19 cm (ISBN 978-2-87747-465-8, lire en ligne), p. 70.
  10. Léon Escudier (préf. Fromental Halévy), Dictionnaire de musique théorique et historique, Paris, Édouard Dentu & Léon Escudier, , 5e éd., 508 p. (lire en ligne), p. 416.
  11. « Connexion- Universalis Edu », sur universalis-edu.com (consulté le ).

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Bibliographie

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  • Fiske Kimball, Le Style Louis XV ; origine et évolution du rococo, Paris, A. et J. Picard, 1949, 1943.
  • Roger Laufer, Style rococo, style des « Lumières », Paris, J. Corti, 1963.
    Cet ouvrage avance la thèse que la littérature a également connu une période à laquelle le qualificatif de rococo peut être appliqué.
  • Philippe Minguet, Esthétique du rococo, Paris, J. Vrin, (1re éd. 1966), 304 p., 19 cm (lire en ligne).
  • (de) Cornelius Gurlitt, Geschichte des Barockstiles, des Rococo und des Klassicismus, Stuttgart, Ebner & Seubert, 1887-1889, 3 vol. (OCLC 603834201)
  • François Moureau, Le Goût italien dans la France rocaille. Théâtre, musique, peinture (v. 1680-1750), Paris, PUPS, 2011.
  • Brunel Georges, Dowley François H. et Lacas Pierre-Paul, « ROCOCO », Encyclopædia Universalis, consulté le 3 mai 2024.
  • Lassère Odile, « LAMOUR Jean (1698-1771) », Encyclopædia Universalis, consulté le 3 mai 2024.

Articles connexes

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Liens externes

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