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Forgeron

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Forgeron
Présentation
Forme féminine
Forgeronne
Secteur
Metallurgie
Codes
CITP
7221
CNP (Québec)
FAP (France)
D0Z20
Statbel (Belgique)
765
PCS (France)
673b
SEFRI (Suisse)
44032Voir et modifier les données sur Wikidata

Le forgeron est un ouvrier ou artisan professionnel qui forge à la main et assemble des pièces de métal pour réaliser des objets usuels ou entrant dans la composition d'un bâtiment.

Étymologie

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Une femme forge une pièce de métal à grand coup de marteau.
Femme en train de forger, détail du « Portement de Croix », Heures d'Étienne Chevalier, manuscrit, vers 1452-1460.

Forgeron (anciennement aussi forjeron) est un dérivé formé en moyen français à partir du verbe forger, à l'aide du suffixe -on[1]. Le verbe français forger (anciennement forgier) avait auparavant le sens de « créer » et au sens figuré celui d'« imaginer, inventer »[2]. La signification actuelle de « travailler un métal » est également attesté conjointement (1160 forgier « travailler un métal », Eneas, 4303)[1]. Il est issu du latin classique fabricare « façonner, fabriquer » avec une spécialisation de sens « forger » (propre et fig.)[1], qui a évolué phonétiquement. Forge et fabrique repose sur le même étymon latin fabrica, le premier est issu d'une forme populaire et le second d'une forme savante. En latin fabrica est lui-même un dérivé de faber à l'aide du suffixe -ica.

Auparavant, on disait un fèvre, resté dans le composé orfèvre (calque du germanique *goldsmiþ cf. anglais goldsmith) qui se substitue au latin aurifex conservé dans les autres langues romanes[1]. Il se perpétue également dans les surnoms devenus patronymes d'oïl Faivre, Febvre, Fèvre, Lefèvre, Lefebvre, Lefébure, Lefeure[3]. L'occitan a Faure et Fabre[3]. Le mot roman remonte au latin faber « forgeron »[1],[4]. Le mot faber a d'abord désigné en latin l'artisan du bois, le faber lignarius ou tignarius, avant de s'étendre aux spécialistes d'autres matériaux plus durs, tels que le métal, l'ivoire, la pierre, etc., ou à des artisans spécialisés dans la fabrication de tel ou tel type d'objet. Ce n'est que dans l'Antiquité tardive que sa signification se restreint à celle d'artisan du fer[5], c'est celui que possède le terme gallo-roman faber, puis celui d'ancien français fevre.

L'activité de forgeron est apparue en même temps que la découverte du travail des métaux, environ 5 000 ans avant Jésus-Christ ; elle est devenue un métier à part entière à mesure que les peuples exprimèrent leur besoin d'avoir des objets plus résistants et aux usages variés : outils, armes, parties mécaniques, grilles, clefs, bijoux, etc. Dans l'Antiquité, les forgerons utilisaient dans leurs fours du charbon de bois plutôt que du charbon de terre (houille). La raison en est que le charbon de bois est un combustible plus difficile à enflammer que le bois sec mais qui dégage une chaleur bien supérieure à celle que produit la combustion du bois.

Au Moyen Âge, le forgeron utilisait le plus souvent une enclume et un marteau pour façonner des morceaux de bronze, de cuivre ou d'argent, après les avoir portés à incandescence dans des fours hautement réfractaires. On appelle forge l'atelier du forgeron, et forgeage son activité[6].

Sur les médailles et monnaies, la forge est souvent représentée par le marteau et l'enclume.

Les pièces sont chauffées dans un brasier de charbon de houille dont le feu est entretenu par une soufflerie connectée à une tuyère.

Les roues de charrettes étaient fabriquées par le charron et ensuite cerclées à chaud par le forgeron. Dans les villages, c'était l'occasion d'une réunion de main-d’œuvre pour cercler plusieurs roues dans la journée. La jante en fer avait été fabriquée avec une circonférence inférieure de deux ou trois centimètres à celle de la roue en bois. La dilatation permettait de placer cette jante et de la serrer par refroidissement autour de la roue. Aujourd'hui, cette technique est reproduite à l'occasion de fêtes rurales.

Pour fabriquer des objets ayant à supporter d'importantes contraintes (épées, boucliers…), divers alliages et traitements (damas) ont été mis au point.

L'artisan dont le métier consiste à ferrer les chevaux est le maréchal-ferrant.

Forgerons notoires

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Forgerons réels

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Forgerons imaginaires

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Vin du Forgeron, étiquette de vin rouge des années 1920.

Forgerons dans la mythologie

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Mythologie biblique

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Surnoms de forgerons

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  • Bouche noire, comme en breton Per ar Beg Du, c'est-à-dire « Pierre la Bouche noire », traditionnel dans une partie de la Cornouaille[8].

Notes et références

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  1. a b c d et e Forgeron / orfèvre sur le site du CNRTL (lire en ligne) [1][2]
  2. Forger sur le site du CNRTL (lire en ligne) [3]
  3. a et b Albert Dauzat, Noms et prénoms de France, Librairie Larousse, 1980, édition revue et commentée par Marie-Thérèse Morlet, p. 254b-255a.
  4. Michel Tamine, « Les noms propres ont-ils un sens ? » in: « Le nom propre a-t-il un sens ? Actes du Colloque d’onomastique d’Aix-en-Provence (juin 2010) », Paris : Société française d'onomastique, 2013. pp. 5-13. (Actes des colloques de la Société française d'onomastique, 15) [4]
  5. Charles Daremberg et al., Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments, Hachette, 1896, p. 947-948 [5]
  6. « Les outils du forgeron de l’antiquité à aujourd’hui », sur duferalapierre.com
  7. a b et c Xavier Delamare, Dictionnaire de la langue gauloise, Errance, , p. 181-182
  8. Mikael Madeg, Le grand livre des surnoms bretons, Brest, Emgleo Breiz, , 318 p. (ISBN 978-2-35974-014-1, OCLC 700706679), p. 21

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • Made Bandé Diouf, Forgerons wolof du Kajoor ; Forgerons sereer du Siin et du Jegem : de l’époque précoloniale à nos jours, Paris, EHESS-ORSTOM, 1983, 498 p. (Thèse de 3e cycle)

Liens externes

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