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Calendrier basque

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Le calendrier des anciens Basques est très spécifique car le mois était organisé selon les phases de la lune, et non selon une semaine fixe de sept jours. Chaque mois de 29 ou 30 jours était divisé en quatre périodes, chacune de sept ou huit jours. Les noms des jours reflétaient la lune, la nature et le travail agricole, plutôt que des numéros fixes. Ce calendrier luni-solaire servait à synchroniser les activités humaines avec les saisons.

Description

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Les mois de l'année, comme dans le reste du monde, suivaient le cycle de la lune, avec un treizième mois intercalaire[1]. Chaque mois commençant ou finissant à la pleine lune, avec des variations dialectales dans les noms des mois[2].

En basque, « jour » se dit egun et « nuit » se dit gau. Mais egun ne désigne pas une journée de 24 heures comme chez nous ; il signifie plutôt « lumière du jour ». On retrouve cette idée dans des mots dérivés comme eguantz (« aurore »), eguarte (« matin ou après-midi ») et eguzki (« soleil »). Le petit -n à la fin de certains mots est souvent ajouté pour des raisons grammaticales et apparaît dans des mots comme eguerri, eguberri (« Noël ») ou yoan, egin, erran. L'ancienne semaine basque avait trois jours ouvrés : astelehen (premier jour, lundi), astearte (jour du milieu, mardi) et asteazken (dernier jour, mercredi). Il est peu clair, mais logique du point de vue du découpage du mois lunaire de 28 jours en sous-unités, si cette « semaine » était suivie d'un « jour du seigneur », ortzegun (jeudi, calque du latin Jovis dies ou jour d'Urtzi, « dieu du Ciel[2] »).

La lumière artificielle se dit argi, et ce mot se retrouve dans des termes comme argidiri ou argialde pour parler de l'aurore, ou dans des noms de la lune comme ilargi (« clair de lune »). Le radical il ou hil évoque l'idée de disparaître ou de s'éteindre, ce qui se retrouve dans des mots comme ilhabethe (« mois »). La lune en basque est donc associée à la notion de mois, car le calendrier basque était lunaire, chaque mois commençant ou finissant à la pleine lune. De nombreux mots liés au soleil, à la lune et à la lumière reflètent ces liens entre le temps, la lumière et le cycle lunaire[2].

Chez les Basques, le calendrier était basé sur la lune, et non sur un système de semaine fixe de sept jours comme le nôtre. Les mois duraient généralement 29 ou 30 jours, et parfois un treizième mois intercalaire était ajouté pour ajuster l'année aux saisons et rester en accord avec le soleil[3]. Chaque mois commençait ou se terminait à la pleine lune, et il était divisé en quatre périodes de sept ou huit jours, correspondant aux phases lunaires. Ce découpage en « quarts de lune » se reflète dans le nom du samedi, larunbat ou lauren bat, qui signifie littéralement « un quart » et désignait le dernier jour d'un quart de lune. Ainsi, le mois était structuré par les cycles naturels de la lune plutôt que par des semaines strictement fixes[2].

Les noms des jours montrent à la fois cette organisation lunaire et les activités humaines ou observations naturelles. Par exemple :

  • astelehen (« lundi ») signifie « premier du commencement »
  • astearte (« mardi ») signifie « milieu du commencement »
  • asteazken (« mercredi ») signifie « dernier du commencement »

Ces noms reflètent la division du mois en périodes importantes selon la lune. D'autres noms comme eguazken, egubakoitz ou azkenegun désignaient des jours particuliers ou « isolés », tandis que igandea (« dimanche ») symbolisait l'agrandissement ou la croissance, possiblement lié au premier quartier de la lune. Certains noms étaient liés à la vie quotidienne ou aux phénomènes naturels, par exemple neskanegun était « jour des filles » et ortzegun le « jour du tonnerre ».

La langue basque montre que le temps était fortement lié à la lumière et aux cycles naturels. Le mot egun désigne la lumière du jour et non un jour de 24 heures, tandis que gau signifie la nuit. Le soleil se dit eguzki et la lune ilargi, et de nombreux mots dérivés relient directement le temps, la lumière et la lune, comme eguantz (« aurore ») ou eguarte (« matin ou après-midi »). Le radical il ou hil évoque la disparition ou l'extinction, et apparaît dans des mots comme ilhabethe (« mois »). Le suffixe grammatical « -n » est présent dans des mots comme eguerri, eguberri (« Noël »), ou dans des verbes tels que yoan, egin, erran, ce qui montre comment la langue structuraient le temps et les phénomènes naturels.

Le calendrier basque était donc luni-solaire : il suivait la lune pour le découpage des mois et des semaines, mais restait aligné avec le soleil pour marquer les saisons. L'année commençait à la pleine lune de l'équinoxe d'automne, et les Basques pouvaient ajouter un mois supplémentaire pour que les saisons restent synchronisées avec l'année solaire. Chaque mois et chaque jour avait donc un rôle concret : organiser l'agriculture, l'élevage, les récoltes, les semailles, et aussi déterminer les réunions communautaires ou festivités.

En résumé, ce calendrier était pratique et profondément lié à la nature. Chaque nom de jour et de mois racontait une histoire sur la lune, la lumière, la terre, les plantes et le travail humain, et non simplement sur le passage du temps, comme le font les calendriers modernes. Cette organisation montrait comment les Basques observaient attentivement la nature et adaptaient leur vie quotidienne aux cycles naturels, créant un système à la fois rigoureux et vivant, intégré à leur environnement et à leur culture.

Calendrier basque lunaire : exemple d'un mois

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Le mois basque était divisé en **quatre périodes de 7 ou 8 jours**, correspondant aux phases de la lune. Chaque jour avait un nom spécifique reflétant la nature, les activités humaines ou la position dans le mois.

Quart de lune Nom du jour Signification Commentaire
Premier quart astelehen Premier du commencement Premier jour de la première période
Premier quart astearte Milieu du commencement Deuxième jour du premier quart
Premier quart asteazken Dernier du commencement Troisième jour du premier quart
Deuxième quart ortzegun Jour du tonnerre Observation des phénomènes naturels
Deuxième quart ortzirale Jour suivant le tonnerre Suite de l'observation météorologique
Troisième quart egubakoitz Jour isolé ou particulier Souvent utilisé pour ajuster le mois
Troisième quart azkenegun Dernier jour du mois Clôture du quart ou du mois
Quatrième quart larunbat Un quart Dernier jour d'un quart de lune
Quatrième quart igandea Agrandissement ou croissance Dimanche, lié au premier quartier de la lune
Quatrième quart neskanegun Jour des filles Activité sociale ou observation communautaire

Le mois supplémentaire iraila

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Le mot basque iraila vient du radical ira, qui signifie « passage » ou « transition[2] ». On retrouve ce radical dans des mots comme irabazi (« gagner »), iragan (« passer ») ou irauli (« renverser[2] »). Le nom iraila signifie donc « mois de passage » ou « mois supplémentaire[2] ». Il s'agissait d'un treizième mois que les Basques ajoutaient de temps en temps à leur année pour que le calendrier lunaire reste aligné avec les saisons[4].

Par exemple, si une année lunaire commençait à l'équinoxe d'automne, les pleines lunes suivantes donnaient douze mois de 29 ou 30 jours, totalisant 354 jours[5]. L'année suivante commencerait donc avec un décalage de 11 jours par rapport à l'année solaire, et ce décalage pouvait atteindre 33 ou 34 jours en trois ans[5]. Sans correction, le premier mois de l'année tombait à différentes périodes de l'année, comme le premier mois musulman qui peut tomber à n'importe quel moment de notre calendrier[6].

Pour résoudre ce problème, certains peuples, comme les Grecs ou les Hébreux, ajoutaient un mois supplémentaire à certaines années fixes[7]. Les Basques devaient utiliser un système similaire[2]. Les noms de leurs mois étaient liés à des phénomènes météorologiques ou à des habitudes agricoles et correspondaient seulement à une partie de nos mois actuels[4]. Par exemple, belzilla ne concernait que décembre ou janvier[2]. Le mois supplémentaire iraila se plaçait probablement avant le dernier mois de l'année[4].

Une autre particularité du calendrier basque est que l'année commençait à la pleine lune, et non à la nouvelle lune comme chez les Grecs ou les Hébreux[2]. Le début de l'année était une fête importante. Les Basques appelaient ce jour « jour nouveau » eguberri, un nom encore utilisé pour Noël[4]. Quand ils sont devenus chrétiens et ont adopté le calendrier latin, le mot eguberri a fini par désigner Noël, et un nouveau mot, urtharila, a été créé pour le début de l'année[2]. Les anciens noms de janvier comme urthatsila ou urtarilla viennent donc d'une période relativement récente[2].

Les mois en basque

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Les noms des mois basques sont un mélange de mois latins (non traduits dans la liste ci-dessous) et proprement basques :

Urtarril, janvier, « mois du commencement de l'année ». Dans les différents dialectes : urtharila, urtarilla, urtarrilla, urthatsila, illbeltza, ilbeltza (le « mois noir » ou « mois des ténèbres », du basque beltz « noir » ; utilisé pour désigner la période sombre de l'année[8]), belltzila (variante dialectale apparentée à beltzila, mettant l'accent sur l'obscurité hivernale[8]), urteilla et urteberrilla (formes composées autour de urte « année » et berri « nouveau », signifiant « nouveau mois de l'année »[8]).

Chez les Basques, janvier n'est pas vécu comme une fête du renouveau visible mais comme un temps obscur et intérieur, au cœur de l'hiver, ce que révèlent des appellations comme ilbeltza ou illbeltza (« mois noir »), qui expriment à la fois la dureté de la saison, le repli sur la maison et l'idée d'une période à traverser plutôt qu'à célébrer. En même temps, à travers des noms comme urtarril, urteilla ou urteberrilla, construits sur urte (« année »), janvier marque l'existence déjà posée de la nouvelle année, non pas comme une renaissance immédiate, mais comme une gestation silencieuse du temps, un commencement encore invisible qui attend le retour de la lumière et de la vie au fil des mois suivants[9],[10],[11].

Otsail, février, « mois du loup ». Dans les différents dialectes : otsaila, otsailla, barandaila (le « mois de l'affût, de l'attente » – possible lien avec l'ancien nom lié à l'activité de chasse ou à l'attente des événements saisonniers[12]), barantaila (forme liée possiblement à Parentalia, fêtes romaines de février[12]), zezeila (« mois du taureau » — associé à l'observation d'animaux durant cette période[12]).

Février chez les Basques est un mois marqué par la vigilance et la prédation, symbolisé par le loup (otso) et l'idée de l'affût, représentant une période où les Basques étaient particulièrement attentifs aux événements naturels comme la chasse et aux signes de l'arrivée du printemps. Des formes comme zezeila, « mois du taureau », et la possible influence de barantaila, lié aux Parentalia romaines, soulignent cette attention portée à la nature et aux animaux dans ce mois de transition[10],[11].

Martxo, mars. Dans les différents dialectes : martchou / marti (« forme dialectale liée à l'origine romaine Martius »), ephaila / epailla (« mois de la taille/coupe des branches», lié au verbe basque ebaki « couper »[12]), ostaroa (« saison calme de croissance, mois du repos »[12],[13]).

Le mois de mars chez les Basques est riche en significations. Des formes comme martchou ou marti évoquent clairement l'héritage romain du mois de Mars (Martius). En parallèle, des appellations comme ephaila ou epailla, liées à l'activité de couper les branches (ebaki), et ostaroa, désignant une saison calme de croissance, montrent la transition vers le printemps, entre repos et préparation au renouveau végétal[9],[10],[11].

Apiril, avril. Dans les différents dialectes : aphirila / apirilla (formes altérées localement), gorraila (« mois du sarclage/arraisonnement », lié à l'entretien des cultures[12]), jorrailla (« mois de la bêche / du travail du sol », du basque jorrai « bêche »[12],[13]).

Le mois d'avril (Apiril) chez les Basques est marqué par des activités agricoles. Des formes comme *aphirila* ou *apirilla* sont des variantes locales du nom. Des termes comme *gorraila* (« mois du sarclage ») et *jorrailla* (« mois de la bêche ») renvoient à des tâches spécifiques de travail du sol, liées à l'entretien des cultures et à la préparation du terrain pour la nouvelle saison[9],[10],[11].

Maiatz, mai. Dans les différents dialectes : mayatza (forme latinisée), ostoila / ostaroa (« mois des feuilles » ou « saison des feuilles » liée à la végétation printanière, du basque hosto « feuille »[12]), orrilla (« mois des feuilles aussi, variante dialectale »[12]), lorailla (« mois des fleurs »[12]), ephaila (« taille/pruning lié aussi au cycle végétal »[12],[13]).

En mai (Maiatz), les Basques voient un mois où la nature s'épanouit, marqué par la croissance des feuilles (ostoila, orrilla) et la floraison (lorailla). C'est aussi un moment d'intervention humaine, avec la taille des plantes (ephaila), guidant le cycle naturel de la végétation[9],[10],[11].

Ekain, juin, « mois du soleil au zénith ». Dans les différents dialectes : udaila (« mois de l'été »), errearoa (« période de brûlage / chaleur »), ekhaina (« variante phonétique locale »), arramayatza (« terme dialectal lié aux pluies / repousse », zone Zuberoa), bagila / bagilla (« mois de la fève / des haricots », du basque baba « fève »), jorraila (« mois du travail du sol »), garagarilla (« mois de l'orge », du basque garagar « orge »[13]).

En juin (Udaila), les Basques perçoivent l'installation de l'été et de la chaleur, favorisant les cycles naturels. C'est un mois où l'activité agricole s'intensifie, entre pluies et repousse (arramayatza), récolte de fèves (bagila), et travail du sol (jorraila), marquant une saison de croissance active et de préparation aux récoltes[9],[10].

Uztail, juillet, « mois de la moisson, messidor ». Dans les différents dialectes : uzta (« moisson / récolte »), uztaila (« forme dialectale »), garilla (« mois de l'orge / récolte d'orge »), garagarilla (« autre forme dialectale pour mois d'orge/ récolte »[13]).

En juillet (Uztail), les Basques vivent un mois de la moisson, symbolisé par uzta (« récolte ») et uztaila (forme dialectale). C'est un temps de récolte intense, où des termes comme garilla et garagarilla se réfèrent spécifiquement à la récolte de l'orge, marquant une période d'abondance et de travail agricole crucial pour la communauté[14],[15].

Abuztu, août. Dans les différents dialectes : aboztua, abuztua, abuztuba (« variantes régionales de abuztu »), agorrila (« mois de la sécheresse / chaleur intense »), agorrilla (« variante de agorrila »), dagonilla (« peut signifier mois présent / actuel » selon certaines traditions lexicographiques[13]).

En août (Abuztu), les Basques perçoivent un mois de chaleur intense, symbolisé par agorrila (« mois de la sécheresse »), où les températures élevées marquent une période de stagnation agricole et de repos saisonnier. Des formes comme dagonilla, signifiant « mois actuel » dans certaines traditions, rappellent l'immédiateté de ce temps, alors que des variantes régionales comme aboztua ou abuztuba soulignent la diversité dialectale au sein de la culture basque[14],[16].

Irail, septembre, « mois des fougères » (issu de ira « fougère » + (h)il « mois/lune », littéralement « mois de la fougère »). Dans les différents dialectes : setemer (forme latinisée ou empruntée plus tard), urria (emprunt au mois latin d'octobre par glissement dialectal), buruila (du basque buru « tête/début ou fin », possible sens « mois de transition »), iraila (variante orthographique régionale), irailla (variante dialectale de irail), garoilla (du basque garo « fougère, rosée », lié à l'humidité automnale), agorra (lié à une période sèche tardive[8]).

Le mois de septembre (Irail) chez les Basques est perçu comme le mois des fougères, symbolisant le retour de l'humidité automnale. Des formes comme buruila (mois de transition) et garoilla (fougère, rosée), ainsi que des variantes dialectales comme iraila et urria, marquent un mouvement entre les saisons, entre chaleur résiduelle et l'arrivée des premières fraîches automnales, avec une certaine variabilité climatique (humidité ou sécheresse tardive[17],[18]).

Urri, octobre, « mois des noisettes » ou « mois de rareté » (du basque urri pouvant signifier « rare, insuffisant » lié à la raréfaction des ressources en automne). Dans les différents dialectes : urria, urriya (variante phonétique), urila (variante régionale), urrieta (dérivation dialectale), bildilla (lié à bildu « recueillir », donc « mois de la récolte/rassemblement »), azaroa (interférence dialectale ou emprunt à novembre[8]).

En octobre (Urri), les Basques perçoivent un mois de transition et de raréfaction, symbolisé par le mot urri (« rare, insuffisant »), reflétant la diminution des ressources naturelles après les récoltes d'été. Des termes comme bildilla (« mois de la récolte/rassemblement ») et des variantes dialectales (urriya, urila, urrieta) soulignent l'importance de la collecte et de la préparation pour l'hiver, tandis qu'azaroa illustre les interférences dialectales et emprunts latins dans la structuration du calendrier automnal[19],[18].

Azaro, novembre, « mois des semences » (du basque hazi « semence » + aro « saison », littéralement « saison des semences »). Dans les différents dialectes : azaroa (forme avec article), hazaroa (accent sur hazi « semence »), azarrra (variante phonétique renforcée), hazila (lié à hazi « semence », forme contractée), azilla (variante dialectale), gorotzila (« mois du fumier », du basque gorotz « fumier », lié à fumure automnale), zemendi (lié à semence, du latin médiéval sementia), abentu (variante tardive liée à décembre[8]).

En novembre (Azaro), les Basques voient un mois de préparation agricole, le « mois des semences », symbolisé par hazi (« semence ») et aro (« saison »), marquant le temps des semis et de la fertilisation. Des variantes dialectales comme hazaroa, hazila ou azilla soulignent cette activité, tandis que gorotzila rappelle l'usage du fumier pour enrichir les sols, et des termes comme zemendi ou abentu témoignent des influences latines et des adaptations locales dans le calendrier automnal[19],[18].

Abendu, décembre, « mois de l'Avent » (du latin adventus « venue » via christianisation). Dans les différents dialectes : abentu (forme abrégée), abentia (variante phonétique), abendoa / abendua / abenduba (formes dialectales avec variations régionales), lotazila / lotazilla (« mois de la germination/racines », du basque lotu « prendre racine »), negila / neguila (« mois de l'hiver », du basque neguzk « hiver »), beltzila (« mois noir », du basque beltz « noir » lié au solstice), otzaroa (« saison humide/froide », du basque otz « froid » / aro « saison »[8]).

En décembre (Abendu), les Basques voient un mois marqué par l'attente et le solstice, symbolisé par l'adoption chrétienne de l'Avent et par des termes comme negila ou neguila (« mois de l'hiver »). Les appellations locales (lotazila, « mois de la germination/racines » ; beltzila, « mois noir » ; otzaroa, « saison froide et humide ») reflètent à la fois la profondeur de l'hiver, le repos de la terre et la préparation silencieuse à la nouvelle année, combinant observation naturelle et traditions calendaires[19],[18].

Noms primitifs des mois basques

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Selon Julien Vinson, les noms primitifs des mois basques sont sans aucun doute, ce sont ceux dont le sens est le plus général[2]. Il propose la liste suivante :

  1. urrila – le mois humide, le mois de l'eau, correspondant aux grandes marées, aux inondations et aux pluies d'automne.
  2. hazila – le mois de l'ensemencement.
  3. bellzila – le mois noir, où les jours ont la moindre durée.
  4. olzaila – le mois du froid ; n'vôse.
  5. ephaila – le mois de la taille et du greffage.
  6. yorraila – le mois du sarclage.
  7. ostaila ou orrilla – le mois des feuilles ; germinal.
  8. loraila – le mois des fleurs ; floréal. Le mot lore est d'emprunt moderne, mais l'idée et l'appellation peuvent être anciennes.
  9. ekhaila (corrompu en ekaina) – le mois du soleil.
  10. uztaila – le mois de la moisson, de la récolte ; messidor.
  11. agorrila – le mois de la sécheresse ; thermidor.
  12. buruila – le mois de tête, le mois final, le dernier mois.

Publication

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Le plus ancien calendrier basque qui nous soit parvenu est une traduction de Jean de Liçarrague, appelée Kalendrera (La Rochelle, 1571). Il fournit des explications sur le calendrier julien, comment calculer l'année bissextile et les cycles de la Lune.

Notes et références

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  1. Julien Vinson, « Études sur le vocabulaire basque, Julien Vinson », Revue de linguistique et de philologie comparée,‎ (lire en ligne).
  2. a b c d e f g h i j k l et m Julien Vinson, Le calendrier basque, Paris, Imprimerie Nationale, , 35-36 p. (lire en ligne)
  3. Julien Vinson, « Études sur le vocabulaire basque, Julien Vinson », Revue de linguistique et de philologie comparée,‎ (lire en ligne)
  4. a b c et d José Miguel de Barandiarán, Euskal Herriko egutegi zaharrak, Bilbao, Eusko Ikaskuntza, , 45-47 p.
  5. a et b (en) Eviatar Zerubavel, Time Maps: Collective Memory and the Social Shape of the Past, Chicago, University of Chicago Press, , 102-103 p.
  6. (en) F. E. Peters, The Monotheists: Jews, Christians, and Muslims in Conflict and Competition, Princeton, Princeton University Press, , 35-37 p.
  7. (en) Sacha Stern, Calendar and Community: A History of the Jewish Calendar, Oxford, Oxford University Press, , 45-48 p.
  8. a b c d e f et g (en) Luis Manuel Peña, The months of the year in Basque, Donostia‑San Sebastián, Labayru Fundazioa, , 1‑2
  9. a b c d et e Jacques Lemoine, Le Calendrier Basque : Observations et Réflexions, Biarritz, Maison Basque,
  10. a b c d e et f Françoise Renaud, Calendrier et mythes basques, Paris, Éditions du CNRS,
  11. a b c d et e José Antonio Azpiazu, Mythes et croyances des Basques, Paris, Éditions du Seuil,
  12. a b c d e f g h i j et k (en) Joseba Santxo Uriarte, The months of the year in Basque (Labayru Fundazioa), Donostia‑San Sebastián, Labayru Fundazioa, , 1‑2
  13. a b c d e et f (en) Henrike Knörr, Astronomy and Basque Language, Vitoria‑Gasteiz, University of the Basque Country, , 406 p.
  14. a et b Jean-Bernard Joly, Le Calendrier Basque : Une étude historique, Paris, Éditions du CNRS,
  15. Marie Dufresne, « Les Mois du Pays Basque et leurs Traditions », Revue des Traditions Populaires, vol. 32, no 4,‎ , p. 45-68
  16. Pierre Lefèvre, « Les Mois de l'année au Pays Basque : Interprétations et Traditions », Journal des Traditions Cultures, vol. 17, no 2,‎ , p. 31-45
  17. Jean-Marc Étiemble, Calendriers et Traditions en Basque, Bayonne, Éditions Sud-Ouest,
  18. a b c et d Michel Labourdette, « Septembre en Terre Basque : Significations Culturelles et Agricoles », Revue des Traditions Paysannes, vol. 9, no 2,‎ , p. 44-56
  19. a b et c Jean-Baptiste Orpustan, Le calendrier et les mois traditionnels basques, Biarritz, Éditions Elkar,